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Vouloir-vivre

Peinture à l'huile sur toile, 40*60cm

Désir de vie aveugle et universel, il ne connait pas, n’est pas conscient, ignore l’espace et le temps, la cause, le but, les limites. Il est « l’initial et l’inconditionné, la prémisse de toutes les prémisses » (Le monde, chap XXVIII Shopenhauer). Cette réalité sous-jacente du monde se rue vers l’existence, dans chaque être porteur de vie, et de ce fait, ce dernier peut se voir effrayé de la perdre témoignant ainsi de l’horreur du vide. Mais le réel vide que l’on cherche inlassablement et inconsciemment à combler, c’est le vide de sens de nos actes qui ne trouvent pas de motivations plus profondes. La morale de l’esclave met en évidence un homme domestiqué, subordonné à la tyrannie de ses envies, redoutant l’ennuie : un intervalle qui lui semble creux entre les ballotements de ses désirs.
« L’occidental a une tendance très marquée à se laisser capter par l’extraversion de ses tâches, au point d’en oublier l’introversion et ses prérogatives vitales. » (Présent et avenir. C. G. J.). Jung insiste sur l’état d’émiettement et d’éparpillement de l’homme civilisé.
Nietzche voit l’expression d’une faiblesse, d’une volonté (et société) malade, incapable de se libérer de ses propres instincts d’obéissance. Ce qu’il nomme volonté de puissance, est la force qui anime le vivant (essentielle) et son absence conduit au déclin. Elle n’est pas un désir de domination (comme l’ont réinterprétés les nazis) mais s’axe sur le pas de la liberté. Le surhomme est un homme qui devient qui il est en se transcendant, en franchissant les limites étroites pour saisir les valeurs dissimulées de son existence, prenant en main son propre système morale et acceptant l’épreuve de l’éternel retour : « quel que soit l’état que ce monde puisse atteindre, il doit l’avoir atteint, et cela non pas une fois, mais d’innombrables fois. » Pour ce faire, le prix équivaut à un refoulement d’un aspect de sa nature (ou devrai-je dire de sa culture ?) L’idéal ascétique œuvre pour la liberté qui l’emporte sur les passions. Paradoxalement, se libérer du vide pour aspirer au Nirvana a pour but de combler le manque de sens qui entoure l’homme incapable de s’affirmer et de s’auto-justifier.

Gallery

Dans cette scène qui est esclave de qui ?
Edward Saïd « L’Orientalisme : l’Orient créé par l’Occident ». Ce sociologue postmoderne traite de la domination idéologique et discursive à travers la représentation orientée, d’une partie du monde sur l’autre. L’Orient, une invention née de l’imaginaire des conquérants occidentaux, qui n’existe que par rapport au point de vue européanocentré. L’auteur met en évidence le maniement des savoirs subjectifs, car déterminés en fonction de critères sociologiques et historiques. « La vie académique est une manière de lutter politiquement. »

Elément musical

Jeune et con, Saez

Elément détaillé